Congé maternité au chômage : qui prend en charge le paiement ?

Une grossesse ne met pas la vie professionnelle entre parenthèses, pas même lorsque la case « demandeur d’emploi » s’ajoute à la situation. Les droits restent là, tenaces, qu’il s’agisse des premières semaines ou du retour après la naissance.

Être enceinte et inscrite à Pôle emploi, c’est la réalité de nombreuses femmes. Tant que les droits durent, la recherche d’emploi continue pile à pile avec le versement de l’allocation chômage chaque mois. Ce soutien ne disparaît qu’au moment de la reprise d’une activité ou dès que s’ouvre le congé maternité.

Le tempo du congé maternité, lui, reste invariable. Avant et après l’accouchement, la durée de repos dépend de la situation familiale : premier enfant, fratrie déjà en place ou même grossesse multiple. Jamais moins de 16 semaines, quoi qu’il arrive.

Dès que le congé commence, la CPAM prend le relais : passage automatique de l’allocation chômage aux indemnités journalières. Souvent, ces dernières offrent un meilleur niveau de vie que l’indemnisation précédente, mais tout dépend du parcours de chacune. Le diable se niche dans les détails, analyser sa situation, comparer, s’assurer que les droits sont optimisés.

Résumé

Tour d’horizon des questions qui reviennent sans cesse : l’inscription à Pôle emploi est-elle possible en étant enceinte ? Quand informer les services ? Quelle procédure pour déclarer le congé maternité ? Quel montant toucher pendant la période de repos ? Et après, comment se réinscrire ?

Précision importante : une femme enceinte au chômage mais non indemnisée par Pôle emploi peut tout de même accéder aux soins médicaux liés à la grossesse et au congé maternité, à condition de remplir les critères d’ouverture de droits (voir explications détaillées en bas de page).

La paperasse et les démarches sont parfois source de stress. Ci-dessous : l’essentiel pour savoir quand évoquer sa grossesse, prouver qu’on recherche activement un emploi, clarifier ses droits au cours du congé maternité et anticiper le retour sur le marché du travail à l’arrivée de l’enfant.

Grossesse et chômage : Peut-on s’inscrire à Pôle emploi ? Quel moment pour prévenir ?

Attendre un enfant ne ferme pas la porte à l’inscription comme demandeuse d’emploi. La grossesse n’est jamais un motif de refus, quel que soit le moment où elle est annoncée.

Il n’existe aucune obligation d’informer Pôle emploi de la grossesse, ni lors de l’inscription ni dans un certain délai. Contrairement à une idée répandue, la loi ne prévoit pas cette formalité, et cela vaut aussi pour les salariées. En revanche, informer l’organisme en temps voulu permet parfois d’aménager plus sereinement la suite.

L’envoi du certificat de grossesse peut se faire lorsque vous le jugez adapté, par exemple à l’occasion d’un entretien. Attendre le démarrage du congé maternité est tout à fait possible. Mais tant que rien n’est signalé, le conseiller considère que la recherche d’emploi reste active.

Repousser l’information indéfiniment n’est pas recommandé : lors d’un contrôle, chaque période d’inactivité devra être justifiée.

L’inscription à Pôle emploi suppose normalement une disponibilité immédiate. Mais la grossesse autorise à changer de catégorie et à être reconnue comme temporairement non disponible, tout en gardant ses droits à l’indemnisation.

L’ARE est maintenue pendant toute la grossesse. Signaler la situation permet de suspendre l’obligation de recherche d’emploi au moment du congé maternité uniquement.

Bon à savoir :

Pour celles qui touchent le RSA, la naissance à venir entraîne une hausse de l’aide. Un parent isolé, après déclaration à son référent, voit son allocation passer de 564,78 € à 725,24 € dès l’arrivée de l’enfant.

Comment signaler le congé maternité à Pôle emploi ?

Le droit au congé maternité est ouvert à toutes les femmes enceintes. Pour ce qui est des allocations, l’enjeu est de percevoir les indemnités journalières (précisions à suivre).

La durée prévue varie selon la configuration familiale. Il existe plusieurs possibilités :

  • Pour une première naissance : 16 semaines (6 semaines avant, 10 semaines après)
  • Avec déjà un enfant à charge : également 16 semaines (6 avant, 10 après) ; à partir du deuxième, la CAF verse aussi une prestation pour l’enfant à naître
  • Troisième naissance ou plus : 26 semaines (8 semaines avant, 18 semaines après)
  • Grossesse gémellaire : 34 semaines (12 semaines avant, 22 après)
  • Grossesse avec triplés ou au-delà : 46 semaines (24 semaines avant, 22 après)

Il faut déclarer son congé maternité lors de la mise à jour mensuelle sur le site de Pôle emploi. Prenons un exemple : pour une naissance prévue le 30 décembre, le départ du congé tombe à la mi-novembre. Il faudra donc signaler le changement à la toute prochaine actualisation de la situation.

Concrètement, il s’agit de cocher la case « Oui » à la question concernant un éventuel congé maternité pendant la période de déclaration mensuelle.

La démarche peut se faire en ligne, via l’espace personnel, sur l’application dédiée ou par téléphone au 3949. Une vidéo pratique peut être consultée sur le site de Pôle emploi en appui à cette opération.

Penser à intégrer la date exacte de début du congé maternité pour que l’indemnisation cesse à la bonne période. À partir de là, on indique avoir cessé de rechercher activement un emploi et la CPAM prend le relais pour le paiement.

Le cumul entre l’allocation chômage et les indemnités journalières de la CPAM n’est pas autorisé. Mieux vaut procéder à la déclaration pour éviter tout versement en trop, auquel cas le remboursement serait inévitable. Autre point : si votre congé maternité dépasse la durée de vos droits chômage, les semaines restantes ne sont pas perdues. Elles pourront être prises après.

À noter : une absence de moins de 15 jours (qu’elle soit médicale ou non) nécessite une déclaration sans provoquer de radiation. Dès que le congé maternité ou l’arrêt excède deux semaines, la radiation de la liste intervient automatiquement, mais la réinscription reste possible ensuite.

Congé maternité et chômage : quel montant à percevoir ?

L’essentiel à retenir : les indemnités journalières maternité versées par la CPAM dépassent, dans la majorité des cas, l’allocation chômage. Faire la différence entre la simple période de congé et l’indemnisation est capital pour anticiper son budget.

Pour prétendre aux indemnités, il faut remplir au moins une de ces situations :

  • Être indemnisée actuellement par Pôle emploi
  • Avoir perçu des allocations chômage au cours des 12 derniers mois
  • Avoir quitté son emploi depuis moins de 12 mois sans indemnisation de Pôle emploi

En dehors de ces cas, la période de repos autour de la naissance reste garantie, sans indemnité journalière à la clé.

Le montant dépend de la rémunération reçue durant les emplois qui ont ouvert les droits, ou sur la période des 12 mois précédents en cas de chômage non indemnisé. Le calcul est effectué de la même manière qu’on soit salariée ou demandeuse d’emploi :

  • Prendre les trois derniers salaires bruts (plafond : 3 428,00 € depuis le 1er janvier 2021)
  • Diviser par 91,25 pour obtenir la base journalière
  • Déduire un taux forfaitaire de 21 % pour les cotisations

Pas de délai de carence : l’indemnisation démarre dès le premier jour. Le plafond atteint 89,03 € par jour au 1er janvier 2021.

Pour que la demande soit prise en compte, il faudra fournir :

  • Son dernier certificat de travail et la dernière fiche de paie
  • Si on vient d’être indemnisée : une attestation d’inscription à Pôle emploi et le justificatif du dernier versement

Les justificatifs sont à remettre à la CPAM, au guichet ou par courrier.

En cas de doute ou pour simuler ses droits, un outil existe sur le site de la CPAM. La prime de naissance versée par la CAF reste également accessible, voir leur site officiel pour les modalités et le calendrier de versement.

Se réinscrire à Pôle emploi après un congé maternité

À l’issue du congé maternité, rien n’empêche la réinscription sur la liste des demandeurs d’emploi. Cela se fait le jour même du retour de disponibilité, soit en ligne sur l’espace personnel, soit par téléphone.

Sachez qu’il n’y a pas de délai d’attente de sept jours à respecter si la réinscription a lieu moins de douze mois après la radiation consécutive à l’arrêt maternité.

À chaque étape, les démarches sont balisées, mais chacune conserve sa latitude. Sitôt le congé terminé, le parcours vers un nouvel équilibre reprend, un quotidien à rebâtir, entre vie de parent et reconquête professionnelle.

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