On est à Londres, Edinburgh ou Dublin, on sort du pub pour griller une cigarette, et on réalise qu’on n’a pas de briquet. On pousse la porte d’un bureau de tabac et on veut acheter un briquet en anglais sans mimer le geste du pouce sur la molette.
Deux situations banales qui coincent plus de francophones qu’on ne le croit, parce que le mot seul ne suffit pas : c’est la formulation complète qui fait la différence entre une demande fluide et un moment gênant.
Demander du feu à un inconnu : les formulations qui fonctionnent vraiment
Le réflexe, c’est de sortir un « Do you have a lighter? » direct. Ça marche, personne ne va vous regarder de travers. Mais dans un contexte de pub britannique ou de terrasse, les anglophones ajoutent presque toujours une couche de politesse qui change le ton de l’échange.
La version la plus naturelle et polie reste « Excuse me, do you happen to have a lighter? ». Le « do you happen to » adoucit la demande. On reconnaît que la personne n’a aucune obligation de nous rendre ce service, et ça s’entend.
Autre variante courante : « Would you mind if I borrowed your lighter? ». Le mot « borrow » peut surprendre (on ne « rend » pas vraiment une flamme), mais c’est un usage courant en anglais informel. Au bar, entre fumeurs, « Could I borrow your lighter, please? » passe très bien.
Pour les situations plus décontractées (file d’attente devant un concert, terrasse bondée), un simple « Got a light? » fait le travail. C’est familier, direct, et personne n’y verra de l’impolitesse si le contexte s’y prête.
- Formel ou neutre : « Excuse me, do you happen to have a lighter? »
- Courant au pub : « Could I borrow your lighter, please? »
- Familier entre fumeurs : « Got a light? »
- Alternative avec « would you mind » : « Would you mind lending me your lighter for a second? »

Acheter un briquet dans un bureau de tabac anglophone
Dans un bureau de tabac (appelé « tobacconist » ou « newsagent » au Royaume-Uni), le briquet se dit « lighter ». C’est le terme standard, celui que tout le monde comprend de Manchester à Melbourne. Pas besoin de préciser « cigarette lighter » sauf si on veut lever une ambiguïté (par exemple face à un briquet à cigare).
Pour acheter, la phrase type est : « Could I get a lighter, please? ». Court, poli, efficace. Si on veut un modèle précis, on peut ajouter « a refillable lighter » (rechargeable) ou « a disposable lighter » (jetable).
Briquet à cigare ou briquet torche : le vocabulaire spécifique
Les amateurs de cigares qui voyagent ont un vocabulaire à part. Un briquet torche se dit « torch lighter » ou « jet flame lighter ». Un briquet de table, qu’on trouve parfois dans les lounges à cigares, c’est un « table lighter ».
Dans une boutique spécialisée, dire « I’m looking for a torch lighter for cigars » suffit à orienter le vendeur. Les marques comme Dupont ou Peterson sont connues sous le même nom partout, donc pas de piège de traduction sur ce terrain.
Vocabulaire du fumeur en voyage : les faux amis et les mots à connaître
Le briquet n’est qu’une pièce du puzzle. Quand on voyage dans un pays anglophone, quelques mots supplémentaires évitent les malentendus au comptoir.
Le mot « tabac » ne se traduit pas par « tabac » mais par « tobacco » pour le produit et « tobacconist » pour la boutique. En Angleterre, beaucoup de petits commerces qui vendent du tabac sont des « newsagents » (marchands de journaux) avec un coin tabac. Le panneau à chercher dans la rue, c’est souvent « off-licence » (qui vend aussi de l’alcool à emporter).
Attention au mot « fag ». En anglais britannique, « fag » désigne familièrement une cigarette. On peut entendre « going out for a fag » sans aucune connotation péjorative au Royaume-Uni. En anglais américain, ce mot a un sens offensant totalement différent. La prudence recommande de ne pas l’utiliser soi-même et de se contenter de « cigarette » ou du très informel « ciggie ».
- Cigarette : « cigarette » (universel), « ciggie » (familier britannique), « fag » (argot britannique, à éviter en contexte américain)
- Tabac à rouler : « rolling tobacco » ou « baccy » (argot)
- Pipe : « pipe » (identique, prononcé « païpe »)
- Cendrier : « ashtray »
- Allumettes : « matches »
Étiquette au pub britannique : comment s’insérer poliment
Demander un briquet dans un pub anglais, ce n’est pas juste une question de vocabulaire. C’est une question de timing et de positionnement.
On ne demande pas du feu à quelqu’un qui est en train de commander au bar. On attend que la personne soit installée ou en pause, et on commence par « Excuse me » avant toute chose. Cette amorce signale qu’on respecte l’espace de l’autre, et elle est quasi systématique chez les Britanniques.
À l’extérieur, dans le fumoir ou sur le trottoir devant le pub, l’ambiance est plus détendue. Un « Got a light, mate? » passe sans problème. Le « mate » n’est pas réservé aux amis proches : c’est un marqueur de familiarité bienveillante, un peu comme « l’ami » en français.
Rendre le briquet : le petit geste qui compte
On rend toujours le briquet avec un « Cheers » ou un « Thanks, mate ». « Cheers » en contexte britannique ne veut pas dire « santé » (enfin, pas seulement). C’est un remerciement décontracté qui fonctionne dans la majorité des échanges informels. Un « Cheers » après avoir rendu le briquet clôt l’échange naturellement.

Au fond, demander un briquet en anglais tient en trois mots : « lighter », « light », « Cheers ». Le reste, c’est de la politesse britannique ordinaire, celle qui consiste à ne jamais imposer sa demande. Gardez « Excuse me » en amorce, « please » en fin de phrase, et le briquet reviendra toujours vers vous.

