La SAS Huissiers Réunis figure parmi les structures de recouvrement les plus fréquemment signalées pour des pratiques perçues comme du harcèlement : appels répétés, courriers menaçants, relances pour des créances anciennes ou contestées. Mesurer la réalité juridique de ces pratiques et identifier les recours disponibles permet de distinguer ce qui relève d’une pression commerciale légale de ce qui constitue une infraction.
Commissaire de justice et société de recouvrement : une distinction juridique qui change tout
Depuis le 1er juillet 2022, la profession d’huissier de justice a fusionné avec celle de commissaire-priseur judiciaire pour former le commissaire de justice. Ce nouveau cadre, vérifiable sur le portail officiel commissaire-justice.fr, permet de contrôler si un professionnel est bien inscrit et habilité.
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La SAS Huissiers Réunis n’est pas un office de commissaire de justice. C’est une société commerciale de recouvrement amiable. La nuance a des conséquences directes sur vos droits.
| Critère | Commissaire de justice (ex-huissier) | Société de recouvrement (type SAS Huissiers Réunis) |
|---|---|---|
| Statut | Officier public et ministériel | Entreprise commerciale privée |
| Pouvoir de saisie | Oui, sur titre exécutoire délivré par un juge | Aucun pouvoir de saisie propre |
| Droit d’entrer au domicile | Oui, dans le cadre d’une procédure judiciaire | Non, aucune autorisation légale |
| Obligation déontologique | Chambre nationale des commissaires de justice | Code de la consommation uniquement |
| Recours disciplinaire | Chambre régionale ou nationale | DGCCRF, tribunal judiciaire |
Une société de recouvrement ne peut ni saisir vos biens, ni se présenter chez vous avec un pouvoir de contrainte. Si un courrier laisse entendre le contraire, il s’agit d’une pression psychologique, pas d’une procédure judiciaire.
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Harcèlement téléphonique et courriers menaçants : qualifier les faits
Les avis publiés sur Trustpilot décrivent un schéma récurrent : appels multiples dans la même journée, sonneries brèves destinées à provoquer un rappel, relances pour des crédits que le destinataire affirme n’avoir jamais souscrits. Ces pratiques soulèvent deux questions juridiques distinctes.
Le harcèlement au sens du code pénal
Le harcèlement moral est défini par le code pénal comme des propos ou comportements répétés ayant pour objet ou effet une dégradation des conditions de vie de la victime. Des appels quotidiens, des menaces voilées de saisie sans titre exécutoire ou des courriers volontairement anxiogènes peuvent entrer dans ce cadre.
Pour qu’une plainte aboutisse, il faut des faits objectifs et documentés : journal d’appels avec dates et heures, copies des courriers, enregistrements si la législation le permet. Sans ces éléments, la qualification pénale reste difficile à obtenir.
Les pratiques commerciales trompeuses
Un courrier de recouvrement amiable qui imite la forme d’un acte de commissaire de justice, qui mentionne une saisie imminente sans titre exécutoire, ou qui omet de préciser le caractère amiable de la démarche, peut constituer une pratique commerciale trompeuse au sens du code de la consommation.
- Vérifier si le courrier mentionne explicitement qu’il s’agit d’un recouvrement amiable (obligation légale)
- Contrôler l’existence et la validité de la créance réclamée, en sachant qu’un crédit impayé ancien peut être prescrit
- Rechercher si un titre exécutoire (jugement, ordonnance) a réellement été prononcé par un tribunal
Recours concrets contre la SAS Huissiers Réunis
Plusieurs leviers existent, du plus simple au plus engageant. L’ordre dans lequel vous les activez dépend de la gravité des faits et de votre capacité à documenter les pratiques.
Courrier de contestation en recommandé
La première étape consiste à adresser un courrier recommandé avec accusé de réception à la SAS Huissiers Réunis. Ce courrier doit exiger la preuve de la créance (contrat d’origine, décompte détaillé, identité du créancier) et demander la cessation immédiate des relances en l’absence de titre exécutoire. Conserver une copie de chaque échange écrit est la base de tout dossier ultérieur.
Signalement à la DGCCRF
La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes est compétente pour les sociétés de recouvrement. Un signalement peut être déposé en ligne ou par courrier. La DGCCRF peut mener une enquête et sanctionner les pratiques abusives.
Plainte pénale pour harcèlement
Si les relances persistent malgré votre courrier de contestation, un dépôt de plainte auprès du commissariat ou directement au procureur de la République est possible. La plainte doit s’appuyer sur des preuves concrètes : relevé d’appels, copies de courriers, témoignages.
Saisine du juge de l’exécution
En cas de saisie effectuée sans titre exécutoire valide, ou si une procédure d’exécution dépasse les limites légales, le juge de l’exécution du tribunal judiciaire peut être saisi. Ce recours permet aussi de faire valoir le solde bancaire insaisissable (SBI), rappelé par la Banque de France : lors d’une saisie sur compte, une somme minimale doit rester disponible pour le débiteur.
- Courrier recommandé de contestation à la société de recouvrement
- Signalement à la DGCCRF pour pratiques commerciales trompeuses
- Dépôt de plainte pénale si le harcèlement persiste malgré la mise en demeure
- Saisine du juge de l’exécution en cas de saisie irrégulière
- Consultation d’un avocat spécialisé en droit de la consommation ou en procédure civile d’exécution

Prescription des créances : un argument souvent décisif
Plusieurs témoignages sur Trustpilot mentionnent des relances pour des dettes anciennes, parfois liées à des crédits datant de plusieurs années. Le code de la consommation fixe un délai de prescription pour les créances entre un professionnel et un consommateur. Passé ce délai, la dette n’est plus juridiquement exigible.
Accepter un échéancier ou effectuer un paiement partiel peut interrompre cette prescription et relancer le compteur. Avant toute réponse à une relance de la SAS Huissiers Réunis, vérifier si la créance est prescrite constitue un réflexe à adopter systématiquement.
Un courrier de relance ne mentionne presque jamais la date d’origine de la créance ni la date du dernier paiement. C’est pourtant cette information qui détermine si la société a le droit de réclamer quoi que ce soit. Demander le décompte complet avec l’historique des paiements permet de trancher la question.
La confusion entre recouvrement amiable et procédure judiciaire reste le principal levier de pression utilisé par ce type de structure. Un courrier qui ressemble à un acte officiel n’en est pas un. Vérifier le statut réel de l’expéditeur, exiger les preuves de la créance et documenter chaque contact suffisent, dans la majorité des cas, à mettre fin aux relances abusives.

